La mode africaine est depuis quelques années en pleine évolution. Les créateurs locaux tentent de se réapproprier ce marché qui a longtemps été dominé par les maisons étrangères. Plusieurs marques “made in Africa” ont ainsi vu le jour pendant cette période de réappropriation économique et industrielle.
Ce secteur d’activité, qui prend ses racines dans les traditions, est riche et diversifié avec des textiles aux motifs variés comme le pagne, le wax, le kente ou le bogolan.Ces étoffes sont, en effet, des marqueurs d’appartenance ethnique et sont pour la plupart portées à des moments spécifiques comme la dot, les funérailles ou les rites d’initiation.
Le bogolan par exemple est un tissu d’origine malienne qui signifie “issu de la boue”. Il est principalement fait de coton et d’argile. Chacun de ses motifs a une signification particulière. Porté à l’origine par les guerriers, les chasseurs et les guérisseurs, ce tissu a été popularisé par des personnes comme Chris Seydou, couturier malien.
Toutefois, malgré son ancrage dans les traditions, la mode africaine s’actualise, notamment en tenant compte de l’influence des tendances occidentales sur les goûts des populations, qui est une réalité indéniable. Conscients de ce fait, les stylistes du continent s’attèlent à concilier tradition et modernité, en créant des pièces dans un style contemporain avec des tissus provenant de l’artisanat local.
En s’adaptant de cette manière, ils valorisent le patrimoine africain et se constituent un marché de plus en plus vaste. En outre, grâce à la promotion de leurs créations sur les réseaux sociaux, ils bénéficient d’une visibilité accrue et contribuent à hisser la mode africaine à l’échelle mondiale.
La mode africaine s’impose ainsi sur la scène internationale comme un levier d’innovation sans perdre son authenticité.
Vanessa Kaphet

No Comments